La cigarette électronique, ou e-cigarette, est un dispositif produisant une « vapeur » d’eau ressemblant visuellement à la fumée produite par la combustion du tabac. Il ne s’agit pas d’un produit du tabac. Si les connaissances progressent rapidement sur ce produit, il existe encore des incertitudes concernant ses effets sur la santé. Toutefois, les effets irritants et/ou toxiques des composants de l’e-cigarette sont nettement moins élevés que ceux du tabac. Les cancers liés au tabac sont dus à de nombreuses substances cancérigènes (benzène, l’arsenic, le chrome, etc.), tandis que le monoxyde de carbone et les particules fines produits par la fumée sont les principaux responsables des maladies cardiovasculaires et que les particules solides présentes dans cette fumée jouent un rôle important dans la survenue d’une insuffisance respiratoire. Ces produits n’existent pas à des taux significatifs dans la « vapeur » des e-cigarettes.

E-CIGARETTE ET RISQUES POUR LA SANTÉ

On s’attend donc à une forte réduction des risques de cancer chez les fumeurs de tabac qui passent à l’e-cigarette. Toutefois, on ne sait pas, s’il peut y avoir en contrepartie d’autres effets sur la santé d’une utilisation prolongée de ce dispositif ; c’est pourquoi les experts sanitaires la déconseillent actuellement aux non-fumeurs.

Même si l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) invite à la vigilance sur la cigarette-électronique, il faut évaluer la balance bénéfice-risque entre ce dispositif et les cigarettes qui sont à l’origine de 75 000 décès chaque année en France. Les premières études montrent que l’on peut raisonnablement donner une place à l’utilisation de la cigarette électronique dans le dispositif d’arrêt du tabac en avançant un argument pragmatique de réduction des risques en passant de la cigarette à la cigarette électronique. Des études sont en cours afin d’évaluer la nocivité des cigarettes électroniques. En France, L’Agence nationale de la sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) travaille actuellement sur l’évaluation des risques associés à l’usage de la cigarette électronique dont les conclusions sont attendues en 2021.

E-CIGARETTE ET SEVRAGE TABAGIQUE

L’UTILISATION DE LA CIGARETTE ÉLECTRONIQUE EN FRANCE

La cigarette électronique est apparue vers 2010 en France. Les utilisateurs de la cigarette électronique sont appelés « vapoteurs ».

En 2018, 34,7 % des français l’ont déjà essayée, 5,3 % la consomment de manière occasionnelle et 3,8 % l’utilisent quotidiennement. Seulement, 1 % des vapoteurs quotidiens n’ont jamais fumé représentant moins de 0,01 % de la population adulte totale.

L’objectif de l’usage de la cigarette électronique parmi les vapoteurs et ex-vapoteurs est d’arrêter de fumer (6 français sur 10) ou de diminuer leur consommation (3 français sur 10). Les données du Baromètre Santé 2017 ont montré que depuis l’arrivée des cigarettes électroniques en France, près de 700 000 ex-fumeurs quotidiens ayant arrêté depuis plus de 6 mois pensent que la cigarette-électronique les a aidés. Si la cigarette électronique peut aider certaines personnes à arrêter de fumer, il faut néanmoins insister sur le fait que seul le vapotage exclusif est un outil de réduction des risques. Or, 30% des vapoteurs utilisent la cigarette électronique avec un objectif de diminution de la consommation de cigarette. Cette double utilisation cigarette/cigarette-électronique doit être une étape vers l’arrêt du tabac et non un objectif compte tenu de l’existence des risques associés à une consommation de cigarettes, même faible.

Entre 2014 et 2017, l’image de la cigarette électronique s’est légèrement dégradée parmi la population. Un français sur deux pense que la cigarette électronique est aussi voire plus nocive que la cigarette. Les personnes moins favorisées ont une image plus négative de la cigarette électronique par rapport au reste de la population.

EFFICACITÉ DE LA CIGARETTE ÉLECTRONIQUE SUR L’ARRÊT DU TABAC

L’efficacité de la cigarette électronique a été observée dans trois essais randomisés. L’essai le plus récent, publié dans le New England Journal of Medecine, a comparé l’efficacité de la cigarette électronique (avec nicotine) par rapport à celle des traitements de substitution nicotinique (TSN). Il a montré un nombre d’arrêt significatif deux fois plus important parmi les utilisateurs de cigarette électronique par rapport à ceux qui ont utilisé les TSN (18 % vs 9,9). Cependant, les conditions de ces essais et les limites inhérentes aux études ne permettent pas encore d’affirmer que la cigarette électronique est un outil validé d’aide à l’arrêt du tabac.

LA CIGARETTE ÉLECTRONIQUE DANS UN CONTEXTE AVEC UNE FORTE PRÉVALENCE DU TABAGISME

Il existe, toujours, des incertitudes sur les risques de l’usage de la cigarette électronique et sur son rôle potentiel d’entrée dans le tabagisme. Toutefois, compte tenu de la forte consommation de tabagisme en France qui est à l’origine de 30% des décès par cancer, il apparaît important d’apporter une information plus claire sur les modalités d’utilisation de la cigarette électronique (vapotage exclusif et bonnes pratiques d’utilisation) à l’instar du modèle anglais.